Technikart : maquette, editing et magie

(Ceci est un article datant de mon ancien blog, publié le 09 octobre 2009)

Lors d’un weekend à la campagne, je ne perds jamais une bonne occasion de dépenser de l’argent dans des magazines idiots (les seuls magazines qui vaillent).

À l’occasion, je décide d’en prendre un moins idiot, avec lequel j’ai une histoire. C’est souvent Fluide, là c’était Technikart, que je me promets régulièrement d’arrêter d’acheter. J’y reviens pourtant tous les 4 mois, c’est un peu ma piqûre de rappel de « cool » (on me fait signe que le mot cool n’est plus cool, disons « edgy », ça tiendra deux mois).

Le problème de Tech’, c’est que graphiquement c’est de pire en pire, que les textes sont de moins en moins propres et que ce mélange, sans parler du fond, casse totalement l’aura du magazine.

Graphiquement, la maquette de Technikart a toujours été un peu à la ramasse. Ca peut faire sympa au début, parfois ça peut être même rigolo ces pages un peu crados (le premier qui dit gonzo gagne un badge). Le problème c’est qu’une fois que l’on a lu un magazine mieux fait, qu’on est habitué à un confort de lecture et à un rythme plus cohérent, et bien on déchante un peu. Qu’est-ce que j’ai en tête ? Monocle, Death&Taxes, parfois Under The Radar, et souvent GQ (mais surtout Monocle). Le premier est un modèle de maquette, les deux autres sont des concurrents mieux fait et le dernier est un bon exemple de maquette dans laquelle on se plaît à se balader, c’est (trop ?) propre, inoffensif, à l’image du magazine en lui-même.

Donc graphiquement je m’ennuie un peu (c’est sale), surtout depuis que je lis autre chose et que j’ai une idée un peu plus fine de ce qu’est une maquette de presse (ça, ça vient de mes expériences chez Rampazzo et j’en parlerai peut-être à l’occasion).

Les textes sales sont, à la différence de la maquette, un phénomène assez récent. Le numéro double de l’été dernier en était un festival : coquilles, mots manquants (comme ça, pouf, le mot saute), erreurs de légende (sur une photo de Liberati et Beigbeder, oh, Beigbeder dans Tech’, c’est frais tout ça) et, mon préféré, un (INSERER PAGE XX), en maj, en rouge, dans le corps du texte, en plein milieu d’un dossier (le dossier sur le gangsta rap). Un texte pas édité quoi.

Une coquille, c’est humain, une erreur, ça arrive, mais un festival, ça casse complètement l’expérience de lecture, un peu comme quand on voit le sillage du bateau-caméra dans Apocalypse Now!, on y croit soudain beaucoup, beaucoup moins. Et Technikart fonctionne parce qu’on y « croit ».

Et mon problème avec Technikart, c’est un peu tout ça, l’illusion du truc giga cool qui se dégonfle.

Mon avis sur le fond du magazine n’a pas tellement sa place ici. Disons simplement ici que j’ai le sentiment que Tech’ a de moins en moins de choses à dire sur les choses (un dossier sur les quadra angoissés ? Vraiment ?)

Technikart a une aura, assez magique (intouchable, parisien, tranchant, indé…). Et la magie, ça s’écroule quand la présentation n’est pas impeccable.

En plus ils ont fait revenir les pages mode.